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La carte cachée

  • Photo du rédacteur: France Beaulieu
    France Beaulieu
  • il y a 6 jours
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Chapitre 8 : Partie 2


Mardi 28 octobre 2025 • 17 h 30


Après une dizaine de minutes de marche, Olivia ralentit.


— On y est.


Éliane leva les yeux. Le phare apparut devant elle. Il était bien plus grand qu’elle ne l’avait imaginé.


La base était construite en pierres grises, légèrement usées par les années. Au-dessus, une petite tour blanche montait vers le ciel, terminée par une ancienne lanterne entourée de vitres. La peinture était défraîchie par endroits, mais le phare tenait encore debout, solide malgré le temps.


— Wow… murmura Éliane.


Olivia sourit.


— Ouais. C’est exactement ce que j’ai pensé la première fois que je l’ai vu. Mes grands-parents m’en avaient parlé quand je suis arrivée à l’auberge. Ils m’ont dit qu’avant, les gens venaient ici pour regarder les bateaux passer.


Éliane examinait le phare avec curiosité.


— Pourquoi ils l’ont abandonné?


Olivia haussa les épaules.


— Je sais pas trop. Avec les nouveaux systèmes de navigation, il n’était plus vraiment utile. Alors, ils ont simplement arrêté de s’en occuper.


Elle leva les yeux vers la vieille lanterne.


— Et après, les gens ont commencé à raconter plein d’histoires.


— Quel genre?


Olivia prit un air mystérieux.


— Ben… des histoires de phare hanté, évidemment.


Éliane rit.


— Évidemment.


Olivia s’assit sur le banc face au fleuve et tapota la place à côté d’elle.


— Viens.


Éliane s’installa près d’elle et déposa son sac à dos à ses pieds.


— Les anciens racontent que certaines nuits, quand il y a beaucoup de brume sur le fleuve, on peut voir la lumière du phare s’allumer.


— Mais… la lanterne… elle ne doit plus fonctionner depuis des années, non?


Olivia chuchota.


— C’est justement pour ça que les gens pensent qu’il est hanté.


— Et c’est quoi, l’histoire?


Olivia observa le fleuve, songeuse.



— On raconte qu’il y avait un jeune marin qui vivait ici. Les gens l’appelaient le gardien du

phare. Il était amoureux d’une fille

de l’île. Un jour, il est parti en mer pendant une énorme tempête… et son bateau n’est jamais revenu.


Éliane ouvrit de grands yeux.


— Il est mort?


— Tout le monde le pensait. Mais quelques jours plus tard, on l’a retrouvé sur le rivage. Il était complètement épuisé… mais il était vivant.


— Sérieux?


— Je te jure.


Olivia baissa un peu la voix.


— Sauf que la fille qu’il aimait avait disparu en mer.


— Aïe…


Olivia regarda de nouveau le phare, pensive.


— La légende raconte qu’après ça, il revenait ici tous les soirs. Il allumait la lumière du phare, en espérant qu’elle la voie… et qu’elle revienne.


Éliane fixa la vieille lanterne.


— Et il l’attend toujours?


Olivia pinça légèrement les lèvres.


— C’est ce qu’on raconte.


Les deux filles contemplèrent le fleuve pendant quelques instants, puis Olivia reprit doucement :


— Quand je suis arrivée ici et que je me sentais vraiment seule, je venais m’asseoir là.


Éliane comprenait maintenant pourquoi Olivia avait voulu l’amener ici. Ce phare n’était pas seulement un vieux bâtiment abandonné. C’était un endroit important pour elle.


Le vent était frais et, maintenant que le soleil commençait à se coucher, l’air devenait plus froid. Pendant quelques instants, elles restèrent simplement assises à regarder les vagues, sans rien dire.


Soudain, le cellulaire d’Olivia vibra.


Elle regarda l’écran. Un message de sa grand-mère venait d’apparaître :


Mamie : Olivia, tout va bien?


— Oups… c’est ma grand-mère. Je dois lui répondre, sinon elle va s’inquiéter.


Salut Mamie! C’est Olivia.


Ne t’inquiète pas, je suis avec une amie.


Je vais rentrer en soirée. Gros bisou 💕


Pendant qu’Olivia rangeait son cellulaire, Éliane ouvrit son sac à dos.


— Olivia… j’ai encore un truc à te montrer.


Olivia se rapprocha.


— Mais... il reste encore combien de choses à découvrir?


— Honnêtement? Je pense qu'on n'a pas fini d'avoir des surprises... c'est juste le début.



Éliane entrouvrit son sac, alluma la lampe de son cellulaire et éclaira l’intérieur : à côté de son propre coffre, trois autres petits coffres étaient soigneusement placés. Sur chacun des couvercles, un prénom était inscrit.


Lyla. Clara. Stella.



Olivia resta bouche bée.


— Attends…


Elle se pencha.


— C’est quoi, ça?


— Les coffres de nos sœurs.


— Donc… si je comprends bien… il y en a cinq… un pour chacune de nous?


Olivia regarda les coffres avec un sourire amusé.


— Ouf… tu vas devenir une vraie postière!


Éliane éclata de rire.


— Une postière? Tu ne veux pas plutôt dire... factrice?


— Ben oui! Un coffre pour chacune… il te manque juste le camion de livraison!


Éliane secoua la tête en souriant.


— C’est pas faux…


Olivia regarda les coffres, incapable de cacher son impatience.


— En tout cas, moi, je veux savoir ce qu’il y a dedans.


— Ben… la seule façon de le savoir, c’est de retrouver nos sœurs.


Olivia lui lança un regard amusé.


— Je me trompe ou tu commences à avoir du plaisir à jouer les détectives?


— J’avoue… je suis curieuse.


Olivia regarda de nouveau les coffres.


— Et dans le tien, il y avait quoi?


Éliane baissa les yeux vers son coffre.


— Un médaillon.


Éliane sortit doucement son médaillon. Olivia se rapprocha et observa attentivement le pendentif.


— Wow… c’est un rubis.


Éliane leva les yeux.


— Tu sais ça juste en le regardant?


Olivia sourit et prit sa broche entre ses doigts.


— Mon père adoptif avait une bijouterie.


— Sérieux?


— Ouais. Il était joaillier.


— C’est lui qui t’a appris tout ça?


— Un peu. Quand j’étais petite, je passais des heures dans son atelier, assise sur un tabouret, juste à côté de sa table de travail. C’était un peu comme mon coin à moi.


Elle sourit.


— J’adorais le regarder travailler. Il m’expliquait les pierres, les couleurs, d’où elles venaient…


Elle désigna le médaillon d’Éliane.


— Et ça, c’est clairement un rubis.


— Et ta pierre?


Olivia leva sa broche.


— Un saphir.


Éliane regarda les deux pierres.


— Un rubis et un saphir…


— Toute cette histoire… c’est quand même fou, murmura Olivia.


— Ouais…


Éliane baissa les yeux vers son médaillon.


— Olivia?


— Oui?


— Faut que je te dise quelque chose.


— Ok…


— Mais tu me promets de pas me prendre pour une folle…


Olivia haussa un sourcil.


— Ça dépend.


Éliane lui lança un regard.


— Olivia…


— D’accord, d’accord. Promis.


Éliane serra son médaillon entre ses doigts.


— Parfois… pas tout le temps… mais des fois, quand je le touche, il se passe un truc vraiment bizarre.


— Quel genre de truc?


— Je sens comme une chaleur et… il se met à briller.


Éliane hésita.


— Et je vois des images.


Olivia se rapprocha aussitôt.


— Des souvenirs?


— Non… des visions.


Le mot resta suspendu entre elles.


— Au début, j’ai vraiment eu peur. Je pensais qu’il y avait quelque chose qui clochait chez moi.


Olivia ne la quittait pas des yeux.


— Et… tu vois quoi?


Éliane releva la tête.


— Toi.


Olivia resta figée.


— Moi?


— Oui.


Éliane hocha lentement la tête.


— C’est comme ça que je t’ai vue pour la première fois.


— Où?


— Devant une pierre tombale. Tu étais habillée en noir… tu pleurais. C’était étrange… tu ressemblais un peu à la photo que j’ai vue sur le meuble dans ta chambre. Et puis, tu as dit... je t’attends.


Le sourire d’Olivia disparut.


— QUOI??? Tu veux dire que dans ta vision… je t’ai parlé?


Olivia, encore sous le choc de cette dernière révélation, resta un moment à fixer le fleuve en silence.


— Tu penses que j’ai peut-être… un truc, moi aussi?


Éliane haussa les épaules.


— Franchement? J’en sais rien.


Olivia regarda sa broche, qu’elle tenait entre ses doigts.


— Là… toute cette histoire devient carrément… flippante.


— Complètement.


Elles restèrent un moment sans rien dire, assises côte à côte, chacune perdue dans ses pensées.


Au bout d'un moment, Éliane se donna une petite tape sur le front.


— Mais quelle nouille!


Olivia sursauta, puis éclata de rire devant sa réaction.


— Quoi?


— J’ai oublié un truc!


Olivia leva les yeux au ciel.


— Encore???


Éliane prit le coffre d’Olivia.


— Tu peux me le prêter?


— Pourquoi?


— Quand j’ai trouvé le mien, il y avait une carte gravée en dessous. C’est comme ça que j’ai su où te trouver. Je veux voir si le tien en a une aussi.


Olivia lui tendit aussitôt le coffre.


— Vas-y!


Éliane le retourna et passa ses doigts sur le bois.


— Rien.


Elle regarda les côtés, puis secoua la tête.


— Toujours rien.


— Tu dis qu'une carte serait comme... gravée quelque part sur mon coffre? demanda Olivia, de plus en plus curieuse.


Éliane allait lui répondre quand elle s’arrêta. Ses yeux venaient de se poser sur le fond du coffre.


Le velours bleu était toujours là. Elle glissa doucement un doigt sous le tissu et le souleva.


— Je vois pas grand-chose… Il me faudrait un peu plus de lumière.


Olivia sortit son cellulaire et alluma la lampe.


— Là, tu vois quelque chose? demanda Olivia.


— Je sais pas…


Éliane passa ses doigts sur le fond du coffre, puis elle s’arrêta.


— Attends.


— Quoi?


— J’ai touché quelque chose.


Olivia se rapprocha encore.

Éliane souleva délicatement un morceau de papier coincé sous le velours bleu.


— C’est quoi? demanda Olivia.


— Aucune idée.



Éliane déplia lentement le papier. La lumière du cellulaire éclairait la petite carte.


Olivia se pencha par-dessus son épaule.


— Lyla…


En haut de la carte, une destination était inscrite.


Les deux filles se rapprochèrent. Leurs regards se croisèrent et, au même instant, elles prononcèrent le même mot :


— Tadoussac...


Fin de la partie 2.


Le mystère s'épaissit autour des cinq coffres, et une nouvelle piste vient de surgir... Tadoussac. Éliane et Olivia réussiront-elles à retrouver Lyla, leur troisième sœur?


La suite de l'aventure sera disponible lundi 31 août.


Bonne lecture ! 💜


France




👉 Tome 1

 
 

Merci de voyager à travers les mots avec moi !

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