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La fête surprise

  • Photo du rédacteur: France Beaulieu
    France Beaulieu
  • 15 févr.
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 mai

Chapitre 2: Partie 3


Samedi 25 octobre 2025 • 15h00


Lorsque Camille, Jacob et Éliane quittèrent le cinéma, il était presque quinze heures.


— Sérieusement, lança Jacob, j’étais certain qu’ils allaient retrouver le corps du gars au fond d’un ravin.


— Moi aussi, répondit Camille.


Éliane secoua la tête, encore sous le choc.


— Sérieux... j’en reviens pas qu’il soit encore vivant! Ce gars, il avait quel âge déjà? demanda Éliane.


— À peine quinze ans... Quand la caméra a montré le ravin, ajouta Jacob, et là, tu vois seulement son corps…


—  J’étais assise sur le bout de mon siège, murmura Camille. Ce retournement-là… un gros WOW!


— Mmh… ça, c’est carrément mon style de film, dit Éliane.


Tout en bavardant, ils prirent ensuite le chemin du retour. La route bordée d’arbres et de champs dorés s’étirait devant eux, paisible.


Éliane regarda sa montre.


— Quinze heures pile.


La maison apparut au bout du chemin.


Elle ralentit aussitôt le pas.


— C’est… étrange, dit Éliane.


L’entrée était vide. Aucune voiture stationnée. Ni celle de ses parents, ni celle des membres de sa famille qui auraient dû être là pour sa fête. Les rideaux étaient fermés, rien ne bougeait. La maison était silencieuse, pas un bruit.


— Peut-être qu’ils se sont garés ailleurs, suggéra Jacob.


— Tu penses? répondit Éliane en regardant un peu partout.


Elle sentit un léger pincement lui serrer le ventre. Elle ne savait plus quoi penser…


— Camille… dit-elle en se tournant vers son amie. Tu es certaine que mes parents t’ont bien demandé de me sortir de la maison aujourd’hui pour préparer la fête?


— Bien sûr, répondit Camille avec un sourire qui se voulait rassurant. Ils m’ont même dit de te ramener exactement à quinze heures.


— Parce que là, souffla Éliane, tout est calme… trop calme.


Même Luidgi restait invisible. Normalement, il courait vers elle dès qu’elle s’approchait de la maison.


— Et si… si je m’étais trompée depuis le début? murmura-t-elle.


Avant que Camille n’ait le temps de répondre, Luidgi surgit soudain en aboyant joyeusement, courant à toute vitesse vers elle. Sa queue remuant si fort qu’on aurait dit qu’il allait s’envoler.


Éliane s’accroupit aussitôt pour le serrer dans ses bras.


— Salut, mon beau! T’avais hâte de me voir?


Le chien gémit de plaisir et tourna autour d’elle, comme s’il pressentait lui aussi l’atmosphère particulière de la journée.


— Bon sang… murmura Éliane avec un sourire nerveux. Même toi, tu agis bizarrement.


Elle inspira profondément, se releva et posa la main sur la poignée de la porte.


Le silence dura une fraction de seconde, puis d’un seul coup :


— SURPRIIIIISE!


La pièce s’illumina, des confettis volèrent tout autour et un joyeux brouhaha éclata. Une quinzaine de personnes surgirent de derrière les meubles : cousines et cousins, tantes et oncles…


Éliane resta bouche bée, figée dans l’entrée, la main encore posée sur la poignée de la porte.


Non… c’est pas possible… ils ont fait tout ça pour moi? pensa-t-elle, les yeux humides.


— Joyeux anniversaire, Éliane! cria sa mère en se jetant dans ses bras.


Camille fut prise d’un fou rire.


— Tu fais une de ces têtes!


Jacob la poussa doucement vers le salon.


— Allez, profite, c’est TA fête.


Éliane partit d’un grand rire, les yeux brillants.


— Vous êtes tous fous… complètement fous!


Des ballons multicolores pendaient au plafond. Une grande banderole affichait « 16 ANS ÉLIANE ». De la musique entraînante résonnait dans les haut-parleurs.


— Oh mon Dieu… murmura-t-elle, les mains sur la bouche. Je n’ai jamais eu une fête comme ça…


Éliane avait un sourire collé au visage, tellement elle se sentait aimée, entourée, comblée.


Je vais m’en souvenir toute ma vie… pensa-t-elle.



— Alors, prête pour un peu de danse? lança Camille en la tirant vers la piste improvisée.


Elles se mirent à bouger au son de la musique, enchaînant les pas absurdes et les éclats de rire. Jacob finit par les rejoindre, tentant maladroitement de suivre le rythme.


— Tu t’amuses, Éli? cria Camille par-dessus la musique.


— Trop! répondit Éliane. Sérieux, j’ai mal aux joues à force de sourire.


Après un moment, elle leva les yeux, intriguée.


— Mais… où ont-ils garé leur voiture?


— Juste dans la cour arrière du voisin, répondit Camille en souriant.


— Vous le saviez?!


— Que veux-tu… je ne pouvais pas tout te dévoiler, fit Camille en lui faisant un clin d’œil.


Éliane secoua la tête, amusée.


— Vous deux… vous êtes vraiment mes meilleurs amis.


— Hé! s’écria Camille en faisant un petit bond, c’est moi ta best!


Tous les trois reprirent leur danse, se bousculant légèrement, criant parfois des absurdités, et s’amusant comme des fous.


Le temps passa à une vitesse folle. Entre les pointes de pizza, la limonade pétillante et les histoires gênantes sur Éliane, personne ne vit les heures passer.


—Éli! lança une de ses cousines en riant aux éclats. Tu te souviens du jour où je me faisais garder chez toi parce que mes parents étaient sortis au resto en amoureux… On devait avoir environ… douze ans? On avait eu la brillante idée de cuisiner un gâteau.


Éliane hocha la tête en riant.


— Oh oui… comment ne pas m’en souvenir! Un énorme gâteau à la vanille!


— On avait pris la recette de ta mère…


— Dire que ma mère nous avait laissées cuisiner toutes seules… oh my god… si elle avait su…


— Attends… sérieux, on cuisinait ensemble, tout allait super bien. Le gâteau était prêt… trop beau... vraiment réussi… et il ne restait plus qu’à le laisser refroidir sur la table.


— Mais après, c’est là que l’histoire se gâte un peu…, dit sa cousine en pouffant de rire.


— On est allées au salon regarder une émission à la télé… on jasait, tranquille... et après… quoi… trente minutes? On retourne à la cuisine et là… OMG... notre gâteau… à moitié disparu!!!



Éliane s’esclaffa, se tenant le ventre à deux mains.


— Il restait une partie du gâteau sur la table, mais les miettes…


— Oh oui, des tas de miettes un peu partout…


— Et on n’a pas eu à chercher bien loin le coupable, ajouta sa cousine.


— Qui, d’après vous, avait mangé le gâteau!? demanda Éliane.


— Luidgi! Il était là, dans son petit lit, en train de se lécher les babines… le coquin! s’exclama sa cousine en se tordant de rire.


— Je m’en souviens comme si c’était hier. On est restées à peine trente minutes dans le salon et monsieur… en a profité pour manger notre gâteau. Je n’en revenais pas!


— Et... mais attendez... je... je m'étais jamais rendu compte que...


— Maman... on ne t'en a pas laissé le temps..., répondit Éliane. Vous n’avez jamais vu deux filles nettoyer la cuisine à une telle vitesse…


Tout le monde riait aux larmes.


— J’adore ça, les souvenirs d’enfance. Ça, c’est une vraie fête! lança Camille, hilare.


Éliane rit malgré elle, rouge comme une tomate. Elle n'aimait pas être le centre d'attention.


Au milieu de la soirée, Camille s’approcha d’elle avec un petit paquet soigneusement emballé.


— Ouvre-le, dit-elle d’une voix douce.


Éliane déchira le papier et découvrit un bracelet argenté, finement travaillé, où deux cœurs s’entremêlaient en son centre.


Son souffle se coupa.


— Camille…


— Pour qu’on se rappelle toujours que peu importe ce qui arrive, on reste connectées. Comme quand on avait treize ans et qu’on a fait notre pacte.


Les yeux d’Éliane s’embuèrent. Elle passa le bracelet autour de son poignet et serra son amie dans ses bras.


— Merci… C’est le plus beau cadeau du monde.


— Tu vas me faire pleurer aussi, dit Camille.


Jacob leva les yeux au ciel, amusé.


— Vous êtes impossibles, toutes les deux.


— Et toi aussi! cria Éliane en riant. Sans toi, la fête serait moins drôle.


La soirée continua dans cette ambiance joyeuse. Peu à peu, les invités commencèrent à partir, entre accolades et derniers éclats de rire. Éliane se sentait encore portée par ce tourbillon de bonheur.


Il était presque 22 h quand Jacob et Camille se décidèrent enfin à partir, les derniers à quitter la maison.


— Repose-toi, dit Camille en serrant Éliane une dernière fois.


— Je vais essayer, promit Éliane. Merci pour tout.


Quand la porte se referma derrière eux, la maison sembla tout à coup beaucoup plus calme. Luidgi dormait en boule dans un coin, épuisé par l’excitation. Éliane aida un peu à ranger, mais ses parents la poussèrent doucement vers le canapé.


— Assis-toi, dit son père avec un sourire mystérieux. Ce n’est pas fini.


Le tic-tac régulier de l’horloge grand-père résonnait dans le silence retrouvé du salon. À 22 heures pile, ses carillons retentirent, graves et solennels, emplissant la pièce d’une atmosphère étrange.


Éliane frissonna.

Quelle surprise me réservent encore mes parents? pensa-t-elle, le cœur battant à tout rompre.



Sa mère s’approcha alors avec une boîte noire, élégamment nouée d’un ruban argenté. Sur le couvercle était gravé un symbole : un cercle doré avec un arbre à cinq branches, chacune ornée d'une feuille minuscule.


— Joyeux anniversaire, ma chérie, dit-elle doucement en la lui tendant.


La boîte noire la fascinait. Elle la prit entre ses mains et sentit un mélange d’excitation et de nervosité la parcourir.


Le ruban scintillait légèrement sous la lumière de la lampe. Ce symbole étrange, ce cercle et ces cinq feuilles, semblait lui murmurer un secret qu’elle n’était pas encore prête à entendre.


Respire… ça doit être juste un cadeau normal… juste un… cadeau… normal…


Elle défit lentement le ruban, souleva le couvercle… et là, ses yeux s’écarquillèrent. Sa bouche s’entrouvrit…


Elle resta là, figée, incapable de prononcer un mot.


Fin du chapitre 2


Le mystère continue au chapitre suivant... 💙


France



👉 Tome 1

 
 

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