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Le secret du double fond

  • Photo du rédacteur: France Beaulieu
    France Beaulieu
  • 22 mars
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 mai

Chapitre 4: Partie 1


Dimanche 26 octobre 2025 • Une heure du matin


Le grenier était plongé dans un silence étrange. Seules les poutres de bois, anciennes, grinçaient doucement.


Le silence fut soudain brisé par l’horloge.


Dong.



Le son grave rebondit contre les murs avant de s’éteindre lentement dans l’obscurité.


Éliane releva la tête.


— Une heure du matin… dit-elle à voix basse.


Elle était agenouillée devant la vieille malle. Le clic qu’elle avait entendu quelques instants plus tôt résonnait encore dans son esprit. Elle passa lentement la main sur le fond et appuya de nouveau.


Clic.


Le bois céda légèrement.


— Qu’est-ce que c’est… un double fond! murmura-t-elle, stupéfaite.


Elle glissa ses doigts sous la planche et la souleva doucement.



Cinq petits coffres reposaient là, placés avec soin. Leur surface montrait les traces du temps : de fines fissures, des taches et quelques petits éclats.


Éliane frissonna.


Son regard glissa lentement de l’un à l’autre. Ils étaient semblables… et pourtant, chacun avait quelque chose de différent.


À l’avant, chaque coffre portait le même symbole : celui de la Maison d’Éryndor. Cependant, un détail troublant attira son regard : sur chacun des coffres, une seule feuille changeait de couleur.


Celle du haut.


Rouge. Bleu. Vert. Blanc. Violet.


— Tout ça… ça veut dire quoi… ? chuchota Éliane.


Puis elle remarqua les prénoms, gravés avec soin.


Éliane. Olivia. Lyla. Clara. Stella.


Cinq coffres.


Cinq prénoms.


Cinq sœurs.


Et sur le premier coffre… son nom.


Elle resta figée, incapable de détourner le regard. Une sensation étrange la traversa, comme si ce coffre l’attendait depuis toujours.


Son esprit se rappela alors un passage du parchemin. D’un geste fébrile, elle le saisit, ses mains légèrement tremblantes, et relut les mots :


Lorsque tu seras prête, cherche celles qui portent ton reflet. L’une d’elles t’attend déjà. Suis la carte. Son prénom est Olivia.


— Olivia… souffla-t-elle.


Son regard se posa aussitôt sur le deuxième coffre.


Olivia.


Un frisson lui parcourut l’échine.


— Moi… je suis la première-née… se dit-elle pour elle-même. Alors… Olivia serait la seconde?


Une inquiétude lui noua l’estomac.


Cinq coffres… pour cinq sœurs… et c’est moi qui dois les retrouver…


Une vague de désespoir monta en elle.


— Par où commencer? Je suis censée savoir quoi faire?! cria-t-elle, frustrée de ne rien comprendre.


Elle soupira, les épaules affaissées, puis ses doigts se refermèrent avec impatience sur le coffre portant son nom.


— Pas de serrure… pas de clé… Comment je suis censée l’ouvrir? Il doit bien y avoir un mécanisme… quelque chose…


Elle se pencha sur le coffre, prête à abandonner, lorsqu’un éclat attira son attention.


La petite pierre rouge de sa clé dorée, qu’elle portait à son cou, venait de scintiller.


Surprise, Éliane retint sa respiration.


Presque aussitôt, le rubis incrusté sur le coffre se mit à vibrer à son tour… comme s’ils répondaient l’un à l’autre, reliés par un lien invisible.


— C’est pas possible… dit-elle. Ce rubis… il réagit à ma clé…


Sans réfléchir, elle porta la main à son cou, décrocha la clé et l’approcha lentement du coffre.


À peine la pierre fut-elle à quelques centimètres que…


Déclic.


Le bruit résonna dans le silence.


Les yeux d’Éliane s’illuminèrent.


— Ouiii! lança-t-elle, soulagée.



Sans perdre un instant, Éliane souleva le couvercle avec précaution. À l’intérieur, posé sur un tissu de velours rouge, un médaillon attira aussitôt son attention.


Le métal doré était finement décoré. Au centre, une pierre rouge brillait. Étrange… et magnifique à la fois.


— On dirait un bijou d’un autre temps… pensa Éliane.


Elle effleura les gravures du bout des doigts, fascinée par chaque détail. Le métal était glacial.


Puis, soudain, une étrange énergie s’en dégagea, comme si le médaillon reconnaissait sa présence. Le rubis vibra, d’abord à peine, presque imperceptiblement.


Peu à peu, une chaleur monta sous ses doigts. Pas brûlante… mais vive, comme une énergie qui grandissait à l’intérieur du bijou.


Éliane se figea.


— C’est quoi ça… ?


Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase que la pierre s’illumina d’un éclat rouge, d’abord doux, puis de plus en plus intense.


Elle voulut lâcher le médaillon. Impossible. Ses doigts restaient collés à celui-ci.


Autour d’elle, le grenier commença à disparaître…




***


Cher lecteur, chère lectrice,

Ici, vous allez être témoin de la toute première vision d’Éliane.

Prêtez attention à chaque détail, chaque mot, chaque sensation.

Tout ce que vous découvrirez vous rapprochera un peu plus de la vérité.

Rien n’est laissé au hasard.


***




Des images surgirent, floues au début, puis de plus en plus nettes.


Cinq bébés reposaient côte à côte, emmaillotés dans de petits tissus pâles. Autour d’eux, une pièce sombre, des murs de pierre… peut-être une cave… ou un refuge caché.


Une femme se pencha au-dessus d’eux. Éliane reconnut immédiatement l’amour dans son regard.


Maman...


La femme sourit tendrement et passa sa main délicatement au-dessus de chacun des bébés. Une voix claire, douce et réconfortante, résonna dans l’esprit d’Éliane :


Éliane… première-née… tu es la gardienne de la lumière.


Puis un visage apparut.



Une jeune fille.


De longs cheveux brun foncé tombaient en vagues sur ses épaules. Quelques mèches encadraient son visage délicat. Son regard brillait d’une douceur infinie. Puis sa voix résonna dans son esprit, claire :


Éliane… c’est moi… Olivia.


La jeune fille inclina légèrement la tête, ses longs cheveux glissant doucement sur ses épaules. Son regard resta accroché à celui d’Éliane, rempli d’espoir.


Puis elle murmura doucement :


Je t’attends.


Ce regard. Cette douceur. Un sourire sincère et rassurant.


Alors la vérité s’imposa à elle. Évidente.


C’était sa sœur… La deuxième.



Avant qu’elle puisse saisir d’autres détails, tout s’effaça. Le grenier réapparut autour d’elle.


Éliane, haletante, tomba à genoux. Ses mains tremblaient. Le médaillon reposait dans sa paume, redevenu froid, inerte.


Ces images… ces visages… tout s’était imposé à elle sans prévenir.


— C'était quoi ça? murmura-t-elle.


Un pincement douloureux lui serra la poitrine. La voix douce de cette femme, sa mère, résonnait en elle.


Première-née… tu es la gardienne de la lumière.


Mais elle ne pouvait ni la toucher, ni la voir clairement. Elle ressentit un chagrin immense.


Éliane chuchota, la voix chargée d’émotion :


— Oh maman… j’aimerais tellement que tu sois là, près de moi. J’aurais besoin que tu me guides… Je me sens si seule…


Puis une autre voix, jeune et familière, s’imposa ensuite :


Éliane… je t’attends…


Elle n'était pas seule... Un soulagement s’insinua en elle, mais celui-ci fut de courte durée... sa colère prit le dessus aussitôt :


— Seize ans… et personne ne m’a rien dit. Ils savaient. Ils m’ont menti…


Une larme glissa sur sa joue. D’un geste brusque, elle referma le coffre.


La voix grave de son père monta de l’étage inférieur :


— Éliane? Tout va bien, là-haut?


Elle serra le médaillon contre sa poitrine.


— Laissez-moi tranquille! lança-t-elle, la voix pleine de rage contenue.


Un léger froissement se fit entendre, comme un mouvement provenant d'en bas. Puis la voix de son père reprit, plus douce, empreinte d’une douleur qu’il tentait de cacher :


— On comprend que tu aies besoin de temps… pour accepter tout ça.


Il marqua une pause.


— Ta mère et moi, on reste dans la cuisine. Si tu veux descendre… si tu veux parler… on sera là.


Un long silence s’installa. Éliane, les yeux brûlants, fixa le plancher. Sa mâchoire se crispa.


— Je n’ai pas envie de parler. Pas maintenant.


Sa voix était basse, mais chaque mot vibrait d’émotion. En bas, on entendit à peine un soupir, un murmure :


— D’accord, ma chérie. Prends ton temps.


Puis les pas s’éloignèrent.


Éliane resta seule. Le médaillon battait encore faiblement dans sa main, au rythme de son cœur. Elle essuya ses joues d’un revers de main, puis son regard glissa de nouveau vers les quatre autres coffres.


Je retrouverai mes sœurs. Peu importe les mensonges… Peu importe les obstacles… Elles sont quelque part… et je n’hésiterai pas à aller jusqu’au bout du monde pour les retrouver, pensa Éliane avec détermination.


Elle glissa le médaillon autour de son cou.


Le rubis semblait endormi, mais au fond d’elle, Éliane savait que sa vie venait de basculer.


Fin de la partie 1


Tu penses avoir tout compris? Attends de lire la suite... 💜


France



👉 Tome 1

 
 

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