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En route vers Tadoussac

Photo du rédacteur: France Beaulieu
France Beaulieu
21 sept.
8 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 sept.

Chapitre 9 : Partie 2


Mercredi, 29 octobre 2025 • 8 h 30


Cela faisait déjà plus de deux heures qu’elles étaient sur la route. Au début du trajet, Éliane était loin de trouver ça amusant. La route serpentait entre les arbres et, à chaque virage, elle s’agrippait un peu plus fort à Olivia.


— Pas trop vite! cria-t-elle.


— Arrête de chialer!


— Je chiale pas! J’essaie juste de rester en vie!


Olivia éclata de rire et ralentit légèrement.


Au détour d’un virage, un panneau apparut.


TRAVERSIER – TADOUSSAC


Olivia le pointa du doigt.


— On y est!


Quelques minutes plus tard, elles arrivèrent au quai. Le prochain traversier devait arriver dans une quinzaine de minutes.


Éliane étira les bras en poussant un petit soupir.


— Enfin!


Elles s’approchèrent du bord du quai. De petites vagues venaient doucement frapper les planches de bois. Au-dessus de l’eau, quelques goélands tournoyaient en poussant leurs cris.


Éliane sortit son cellulaire. Plusieurs messages de Camille s’affichaient déjà à l’écran.


Éliane : Salut Camille 💕 Je viens de voir tes messages. Ça va? J’arrive au traversier pour me rendre à Tadoussac. Je suis avec Olivia.


Les trois petits points apparurent presque immédiatement.


Camille : TADOUSSAC?! 😲 Tu rigoles?! Éliane, t’es à des heures de la maison!


Éliane mordilla sa lèvre.


Éliane : Je sais… mais il faut qu’on retrouve notre sœur Lyla.


Quelques secondes passèrent.


Camille : T’es sûre de ce que tu fais?


Éliane regarda Olivia, qui observait le fleuve.


Éliane : Ouais… Dis à mes parents que je vais bien. Et eux, ça va?


La réponse arriva aussitôt.


Camille : Ils m’appellent au moins deux fois par jour pour savoir si t’as écrit… 😥 mais là, ça va les rassurer d’avoir enfin de tes nouvelles.


Sans attendre, un autre message apparut.


Camille : Écris-moi tous les jours, promis? Ça les rassurera… et moi aussi, ça me fera moins stresser.


Un sourire étira les lèvres d’Éliane.


Éliane : Promis. Et merci Camille 😘


À cet instant, un bruit de moteur se fit entendre. Le traversier arrivait.


— Viens Oli… on doit y aller.



Peu après, elles prirent place sur le traversier avec les autres voyageurs.


— C’est… immense!


La traversée ne dura qu’une dizaine de minutes. À peine débarquées, elles remontèrent sur leur scooter et continuèrent leur chemin. Un peu plus loin, un grand panneau apparut devant elles :


BIENVENUE À TADOUSSAC


Le village s’étendait devant elles, niché entre les collines et le fleuve. De petits bateaux de pêche étaient amarrés le long des quais. Des maisons colorées bordaient les rues étroites.


Éliane regarda autour d’elle.


— C’est tellement beau…


— Oli, on n’est pas venues ici pour faire du tourisme, je te rappelle.


— Toi, t’es vraiment une rabat-joie…


Elles roulèrent tranquillement dans le village. Au détour d’une rue, Éliane aperçut un petit kiosque d’information touristique.


— Là!


Olivia ralentit et gara le scooter à proximité. Elles retirèrent leurs casques et entrèrent.


À l’intérieur, un jeune homme se tenait derrière le comptoir. Il devait avoir quelques années de plus qu’elles. Grand, les cheveux bruns légèrement décoiffés, il portait une veste avec le logo du kiosque.


Il leva les yeux vers elles.


— Bonjour, les filles! Vous cherchez quelque chose?


Olivia s’approcha du comptoir.


— Oui. On cherche un endroit…


Éliane sortit la carte de son sac et la déplia.



— Il y a un bateau juste ici, dit-elle en pointant un dessin. Et juste ici… de longues-vues.


Le jeune homme examina la carte avec attention. Son regard s’arrêta soudain sur un détail.


— L’Éperlan?


— Oui.


Il releva les yeux. Son expression avait changé.


— Une minute…


Il se retourna vers un présentoir et fouilla rapidement parmi les brochures. Il en sortit une et la posa devant elles.


EXCURSIONS AUX BALEINES — DÉPART DU BATEAU L’ÉPERLAN


Olivia se pencha immédiatement.


— Exactement celui-là.


Le jeune homme sortit une carte de Tadoussac et la déposa sur le comptoir.


— C’est pas très loin. Vous continuez par ici, puis vous prenez cette route. Après, vous allez voir les indications pour les excursions aux baleines. C’est pas compliqué.


Il traça rapidement le chemin avec un crayon.


Éliane regarda l’heure.


— On peut y être avant midi. Merci… euh…


Le garçon lui sourit à son tour.


— Gabriel.


— Merci, Gabriel.


— Pas de problème.


Olivia replia la carte.


— On ferait mieux d’y aller.


Les deux filles s’éloignèrent du kiosque, leurs casques à la main. Olivia se retourna une dernière fois et fit un petit signe à Gabriel avant de rejoindre Éliane.


Elles arrivaient à peine près du scooter qu’Éliane leva les yeux. De gros nuages gris s’amoncelaient au-dessus des collines.


Une goutte lui tomba sur la joue. Puis une deuxième.


Éliane grimaça.


— Zut… Oli?


Olivia se retourna.


— Quoi?


— Je pense qu’on va se prendre une bonne douche.


Comme pour lui donner raison, une pluie fine se mit à tomber.


Olivia enfila rapidement son casque.


— On se grouille! Sinon, on va être complètement trempées!


Les deux filles se dépêchèrent de reprendre la route. La pluie devint de plus en plus forte. À travers les gouttes, il était difficile de voir clairement le chemin.


Olivia allait passer tout droit quand Éliane cria :


— Ralentis, Olivia! C’est ici!


— Hein? Où ça?


Éliane pointa du doigt une grande enseigne sur le bord de la route.


— Là! L’Éperlan!


Olivia ralentit aussitôt.


— Ah! Enfin… on est arrivées!


Elles garèrent le scooter et coururent jusqu’au bureau d’accueil.



À l’intérieur, une femme d’une cinquantaine d’années les accueillit avec un grand sourire. Son badge indiquait : Mireille – Accueil.


Elle jeta un coup d’œil à leurs vêtements détrempés, et à leurs cheveux aplatis par la pluie.


— Eh bien… cette pluie ne vous a pas épargnées!


— On ne pensait pas arriver aussi… mouillées, avoua Olivia.


— Ne vous en faites pas! La météo est plutôt changeante dans le coin. Vous allez voir, ça peut se dégager aussi vite que c’est arrivé.


Mireille disparut quelques instants à l’arrière du kiosque pour revenir avec deux serviettes qu’elle tendit aux filles.


— Tenez! Vous allez pouvoir vous sécher un peu.


— Merci! répondirent-elles presque en même temps.


— Alors, qu’est-ce qui vous amène à Tadoussac?


Éliane échangea un regard avec Olivia avant de répondre :


— On cherche une jeune fille qui s’appelle Lyla. Elle travaillerait ici.


— Ah, Lyla! Bien sûr! C’est une de nos meilleures guides touristiques.


Éliane et Olivia échangèrent immédiatement un regard.


— Elle est ici? demanda Olivia, avec un petit regain d’espoir.


— Elle est partie en excursion. Elle devrait être de retour dans…


Mireille regarda sa montre.


— … dans environ quarante-cinq minutes.


Éliane sentit une vague de soulagement lui traverser le corps. Enfin, elles avaient une piste.


— Parfait! On peut l’attendre ici?


Mireille leur fit un petit clin d’œil.


— Mieux que ça! Il y a un petit café juste en face, Le Café du Port. Vous serez beaucoup mieux là-bas. Je préviendrai Lyla dès qu’elle reviendra. Elle vous rejoindra directement.


— Ça nous va parfaitement. Je sais pas pour toi, Éli, mais moi, je meurs de faim!


— Alors, vous êtes au bon endroit!


Mireille leur sourit avant d’ajouter :


— Et si je peux me permettre, je vous conseille vraiment la spécialité de la maison : les guédilles aux fruits de mer. Vous m’en direz des nouvelles!


— Merci beaucoup, répondit Éliane.


Les filles arrivèrent à la porte. Éliane allait l’ouvrir lorsque Mireille lança derrière elles :


— Et surtout, goûtez aux beignets sucrés de tante Marie. C’est la propriétaire du café. Ses

beignets sont carrément impossibles à battre!



À peine sorties du kiosque, elles traversèrent la rue sous la pluie et poussèrent la porte du café.


L’endroit était minuscule, mais plein de charme. De petites guirlandes lumineuses brillaient autour de la terrasse et, à l’intérieur, l’odeur du café chaud se mêlait à celle des pâtisseries.


Elles s'installèrent à une petite table près de la porte d'entrée, avec une vue dégagée sur les nouveaux arrivants. À peine assises, elles déposèrent leurs sacs au sol et commandèrent aussitôt.


Le serveur revint bientôt avec deux guédilles aux fruits de mer, une assiette de beignets et deux grands jus d’orange fraîchement pressés. Olivia prit immédiatement sa guédille et mordit dedans.


Ses yeux s’agrandirent.


— Wow!


— Quoi?


— Mireille avait raison. C’est trop bon!


Elles mangèrent en silence, profitant de ce petit moment de calme après leur long trajet.


— Tu penses qu’elle va savoir tout de suite qui on est? demanda Olivia entre deux bouchées.


Éliane jouait distraitement avec la paille de son jus.


— J’en sais rien, Oli.


Éliane regarda par la fenêtre. La pluie continuait de tomber.


Plus les minutes passaient, plus l’attente devenait difficile.


13 h 15

Éliane regarda son cellulaire. Les quarante-cinq minutes annoncées par Mireille étaient largement dépassées.


Elle regarda encore une fois vers la porte.


— Elle devrait déjà être là…


Olivia observa sa sœur un instant. Elle voyait bien que son inquiétude grandissait.


— Éliane... ne t'en fais pas. Elle a peut-être simplement eu un contretemps. On va encore attendre un peu.


14 h 00

La pluie avait diminué, mais Lyla n’était toujours pas là.


Chaque fois que la petite clochette au-dessus de la porte tintait, Éliane relevait aussitôt la tête. À chaque fois, la déception était la même.


— Tu crois qu’il lui est arrivé quelque chose? demanda-t-elle.


— Non. Arrête de t’inquiéter. Elle va finir par arriver.


Éliane hocha la tête, sans vraiment y croire.


14 h 30

Toujours rien.


Elle consulta encore son cellulaire, puis fixa la porte.


— Ça n’a pas de sens…


— Quoi?


— Elle devait être revenue depuis longtemps. Pourquoi elle ne vient pas?


— Éli…


— Non, mais sérieusement. Qu’est-ce qui peut prendre autant de temps?


Olivia la regarda sans trouver quoi répondre.


15 h 30

Éliane reposa son verre un peu trop brusquement.


— Éli, elle était partie pour une excursion. Peut-être que ça a pris plus de temps que prévu.


— Mais Mireille a dit qu’elle serait revenue dans quarante-cinq minutes! Pourquoi elle n’est toujours pas là? !


Éliane passa une main dans ses cheveux.


— Et si elle ne venait pas?


Olivia la regarda droit dans les yeux.


— Elle va venir.


— Mais si…


— Éli.


— Quoi???

— Elle va venir.


Éliane détourna le regard. Elle essayait de rester calme, mais elle commençait vraiment à s’inquiéter. Quelque chose n’allait pas.


— Et si elle ne voulait pas nous rencontrer? murmura-t-elle.


Les yeux d'Éliane se remplirent de larmes. Olivia se rapprocha aussitôt d'elle.


— Pourquoi tu dis ça?


Sa voix monta malgré elle.


— On débarque ici sans savoir qui elle est, sans savoir ce qu’elle pense, sans savoir ce qu’elle veut!


Quelques personnes dans le café tournèrent brièvement la tête vers elles.


Éliane baissa la voix, mais sa frustration était toujours là.


— On ne sait même pas ce que Lyla connaît de tout ça… Est-ce qu’elle va nous croire? Est-ce qu’elle a vraiment envie de nous voir?


Olivia resta silencieuse.


— Et tout le monde s’attend à ce que je sache quoi faire! ajouta Éliane.


— Je ne m’attends pas à ça.


— Peut-être pas toi. Mais moi, j’en peux plus!


Olivia tendit simplement la main et la posa doucement sur celle d’Éliane.


— Hé…


Éliane releva les yeux.


— Arrête de t’en faire. Tout va bien se passer. Tu n’es plus seule. Je suis là… avec toi.


À ce simple contact, Éliane sentit quelque chose changer en elle. La panique qui montait depuis plusieurs minutes s’apaisa presque instantanément. Ses épaules se détendirent.


— Désolée…


Elle baissa les yeux, gênée.


— Je voulais pas m’emporter contre toi.


Olivia lui serra doucement la main.


— Je sais.


— Je suis juste fatiguée.


— Je sais.


Éliane esquissa un petit sourire.


— On fait une drôle d’équipe.


— Peut-être… mais une bonne équipe.


À cet instant, la petite clochette au-dessus de la porte tinta. Éliane releva brusquement la tête.



La porte s’ouvrit et une jeune fille entra dans le café. Ses cheveux brun foncé étaient attachés en une longue tresse qui retombait sur son épaule. Elle se débattait avec son parapluie, essayant tant bien que mal de le refermer.


Éliane se figea. Son regard passa de la jeune fille à Olivia, puis revint vers la nouvelle venue.


Elle ne l’avait jamais rencontrée, et pourtant… quelque chose en elle venait de la reconnaître.


Éliane murmura :


— Oli, c’est elle… c’est Lyla.


Fin de la partie 2.


Après des heures d'attente, Éliane et Olivia viennent enfin de retrouver leur sœur Lyla... mais que se passera-t-il lorsqu'elles lui révéleront la raison de leur venue?


Pour connaître la suite, la partie 3 t'attend...


Bonne lecture ! 💛


France





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Merci de voyager à travers les mots avec moi !

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